Oct 17, 2022
LA LECTURE DES ARTICLES - CLASS 65
Qu’est-ce que le chleuasme ?
Chleuasme, est un procédé rhétorique, c’est à dire une façon particulière de s’exprimer. Ce procédé consiste à se déprécier par fausse modestie pour mieux convaincre son interlocuteur ou pour qu’il vous fasse des compliments.
Pour être encore plus clair, prenons un exemple. Si dans un domaine donné, vous êtes notoirement un spécialiste, et que vous commencez quand même votre prise de parole par: “Je n’y connais pas grand-chose, je ne me sens pas légitime à parler de ce sujet”, vous utilisez un chleuasme.
En effet vous vous dépréciez volontairement dans l’espoir que votre ou vos interlocuteurs aient de la sympathie pour vous et soient plus réceptifs à vos arguments.
De même si une personne consciente de sa beauté fait savoir qu’elle est laide, son but sera de recevoir des compliments.
A noter que le terme de chleuasme vient du grec chleuasmos qui signifie ironie ou sarcasme. Il apparait pour la première fois dans la bouche de Démosthène.
Démosthène est cet homme d’État athénien qui vécut au 4ème siècle avant JC. Il fut l’un des plus grands orateurs attiques. Pour la petite histoire on raconte que pour régler ses problèmes d’élocution il s’entraînait à parler avec des cailloux dans la bouche.
Ensuite de nombreux auteurs ont utilisé le chleuasme dans leurs oeuvres. Par exemple Voltaire dans Candide en 1759.
A noter qu’au dela du simple chleuasme, il existe l’hyperchleuasme. C’est également une figure de rhétorique, mais qui se distingue du chleuasme en ce qu’elle consiste à dire une vérité. Mais tournée de telle manière qu’elle paraisse improbable, et soit donc interprêtée comme un mensonge.
Par exemple dans Tartuffe de Molière on peut lire: « Oui, mon frère, je suis un méchant, un coupable ».
Tartuffe dit ici la vérité. Mais il le dit de façon très abrupte afin que son interlocuteur pense que c’est une forme de fausse modestie, et que in fine il considère Tartuffe comme quelqu’un de qualité.
Enfin, ne confondez pas le chleuasme avec la prétérition. Cette figure de style consiste, elle, à parler d’un sujet après avoir annoncé que l’on n’allait pas en parler. L’objectif: éveiller l’attention ou la curiosité de l’interlocuteur.
D’où vient le nom de la Silicon Valley ?
On va parler de la Silicon Valley, un lieu mythique presque devenu mystique où la plupart des entreprises qui se sont immiscées dans votre quotidien sont nées, il y a quelques années. D’où vient le nom de ce territoire géographique à part entière ? C’est la question à laquelle on va répondre aujourd’hui.
Quand on évoque la Silicon Valley, des noms viennent immédiatement en tête, avec notamment Apple, Google et Facebook, qui ont leur siège social au sein de cette zone qui s’étend dans toute la baie de San Francisco au nord de la Californie , jusque San José, Santa Clara et Palo Alto. Pour comprendre l’origine du nom, il faut retourner au début du XXème siècle. Dans cette fameuse zone on trouvait alors certaines des universités les plus prestigieuses des États-Unis, dont Stanford et Berkeley. Il s’agissait alors d’un lieu extrêmement dynamique en terme d’innovations technologiques, propice aux inventions révolutionnaires.
En 1939, William Hewlett et David Packard commercialisent un oscillateur audio qui sera par la suite vendu à Disney et connu pour avoir produit les effets sonores du film Fantasia ! Ils fondent ensuite tous les 2 la société basée sur les initiales de leur deux noms… et c’est ainsi qu’est né HP, immense acteur de la micro-informatique, reconnu dans le monde entier. Les composants des ordinateurs et de nombreux équipements électroniques nécessitent de la matière première issu du silicium (silicon en anglais).
En 1971 le journaliste Don Hoefler utilise pour la première fois le terme Silicon Valley en référence à toutes les entreprises spécialisées dans la transformation de cet élément chimique ainsi que la production de composants tels que les transistors ou les circuits-intégrés. Petit à petit nous sommes passés d’une situation avec beaucoup d’entreprises fournissant du matériel électronique, du hardware, à des entreprises de logiciels, donc des softwares.
De nos jours, toutes les entreprises dont vous utilisez les services au quotidien à travers votre smartphone ou votre ordinateur sont presque toutes basées dans ce micro-territoire, ce qui aura eu pour conséquence directe de rendre cette zone difficilement accessible pour les travailleurs dans les autres industries, ou même les habitants qui y sont depuis plusieurs générations. Les salaires sont effectivement très élevés dans la tech, si on prend l’exemple de Facebook, le salaire moyen est d’environ 120 000 dollars, ce qui a fait littéralement envoler les prix de l’immobilier dans la région.
Avec la crise du COVID-19, ces entreprises ont commencé à restructurer leur manière de fonctionner, comme Twitter qui a proposé à ses employés le télétravail à vie. Un comportement qui permettra, s’il se généralise de donner quelques bouffées d’air frais à cette partie de l’état de Californie où les habitants ne travaillant pas dans le domaine de la tech ont fait face à une augmentation importante du cout de la vie.
Pourquoi dit-on “partir en lune de miel” et “rouler sa bosse” ?
De nombreuses expressions, souvent pittoresques, colorent notre langage quotidien. Mais nous n’en connaissons pas toujours l’origine. C’est le cas de ces deux expressions, « partir en lune de miel » et « rouler sa bosse ».
D’où vient l’expression « partir en lune de miel »?
Au départ, l’expression « lune de miel » s’employait pour décrire les débuts du mariage. De nos jours, elle désigne surtout le voyage de noces.
Il est possible que l’expression dérive de l’anglais « honeymoon », qui est attesté dès la première moitié du XVe siècle. Elle fait peut-être référence à une autre tradition. Chez certains peuples, en effet, les nouveaux époux consommaient certaines substances, comme le miel ou l’hydromel, censées avoir des vertus aphrodisiaques.
Une autre coutume est peut-être à l’origine de l’expression. Elle remonte à l’ancienne Babylone, où le père de la mariée offrait à son gendre, dans les premières semaines du mariage, de la bière au miel. Et, comme le calendrier était basé sur le cycle lunaire, ce premier mois du mariage devint « le mois du miel ».
Il reste à savoir si l’expression française dérive de ces traditions ou si elle est un simple décalque du terme anglais.
Que signifie « rouler sa bosse »?
Une personne qui a « roulé sa bosse » est quelqu’un d’aventureux, qui a mené une existence un peu irrégulière, vagabondant de par le monde. Elle lui a apporté une grande expérience de la vie.
L’expression viendrait du monde des marins.
La « bosse » en question désignerait la corde à nœuds qui servait à amarrer le navire à quai ou attacher les voiles. Pour ranger cette corde, on la roulait en boule. D’où l’expression « rouler sa bosse ».
Cette expression a fini par s’appliquer à la vie des marins qui, allant de port en port, n’avaient pas d’attaches. Par extension, elle a fini par désigner une personne avertie, qu’on ne pouvait pas facilement abuser.
Il se peut également que le terme « rouler » soit une allusion à une certaine manière de marcher. De son côté, le mot « bosse » peut s’appliquer à une difformité; il pourrait désigner une personne bossue ou ventripotente.
Dans ce sens, l’expression viendrait de locutions plus anciennes. Une telle explication, avec plusieurs interprétations possibles, reste toutefois assez vague.
Commençons par une “peur bleue”. Il s’agit d’une frayeur, d’une grande peur.
Cette expression est née au 19e siècle. Son origine est à chercher dans le domaine médical. En effet à l’occasion d’une peur intense, une personne peut pâtir d’une insuffisance d’oxygène dans le sang. Conséquence, l’extrémité de ses membres peuvent se colorer légèrement en bleu, en particulier sous les ongles mais aussi au niveau des lèvres.
Sans aller jusque là, la peur peut nous glacer et nous rendre pâle, d’aspect froid.
Ce que nous associons traditionnelllement aux teintes bleutées.
Pour revenir au manque d’oxygène, une maladie peut notamment le provoquer: le choléra. Elle peut entrainer ce que l’on nomme une cyanose, c’est à dire la coloration bleutée de la peau et des muqueuses lorsque le sang contient plus de 5 grammes par décilitre d’hémoglobine désoxygénée.
On dit justement que l’expression peur bleue est héritée des périodes d’épidémies de choléra qui provoquaient une cyanose effrayante précédant de peu la mort.
A noter que cette expression n’a rien a voir avec cette autre formule: avoir du sang bleu, pour dire “être noble”. Celle-ci s’explique simplement par le fait que ceux qui étaient nobles n’avaient pas besoin de travailler en plein air, et donc leur peau n’était pas bronzée. Si pâle même que les veines étaient apparentes.
Passons maintenant à la seconde expression du jour: “faire le mariole”, c’est à dire faire le malin, se faire remarquer de façon ni fine ni intelligente.
Le terme “mariole” nait en France au 16e siècle. Il existe deux hypothèses quant à son origine.
La première viendrait de l’italien “mariolo” qui signifiait un escroc. Ce terme était aussi utilisé au figuré pour désigner quelqu’un de rusé. Il a certainement était construit à partir de “Maria” (la vierge Marie), dont ils était dérivé. Il s’agissait ici de qualifier les personnes qui feignent la dévotion, qui font semblant.
Mais je vous ai dit qu’il y avait deux hypothèses. Voici la seconde: une pitrerie impliquant un soldat nommé “Mariolle”. Son nom exact était Dominique Gaye-Mariolle. Héros des guerres de la Révolution et de l’Empire, il était célèbre pour sa bravoure et pour sa grande taille, puisqu’il mesurait plus de deux mètres ! Blessé au combat, il est admis en tant que sapeur dans le corps des grenadiers de la Garde Impériale. Et en 1807, alors que Napoléon Ier passe en revue ses troupes, Mariolle se fait remarquer. Il présente les armes de façon originale. Non pas avec son fusil, mais avec un canon pesant plus d’une centaine de kilos ! Napoléon Ier l’aurait alors félicité pour sa force, et ainsi serait née notre expression !
Qui est Sinbad le marin ?
Sinbad le marin est un personnage imaginaire qui vit des aventures fabuleuses lors d’expéditions sur les mers du monde. Marchand de métier, il découvre des choses incroyables au cours de ses voyages, qu’il s’empresse de raconter à son entourage dès son retour.
Au commencement
Le conte débute à Bagdad, avec Hinbad, un pauvre porteur qui, un soir, s’assoit devant une magnifique demeure. Curieux, il demande au portier à qui elle appartient : « À Sinbad le marin » lui répond-il. Devant tant de splendeur, Hinbad ne peut s’empêcher de demander à Allah pourquoi il accordait autant de richesses à certains et si peu à d’autres. Alors qu’il allait partir, un domestique le rattrape pour lui dire que le maître des lieux, qui a entendu ses plaintes, aimerait l’avoir à sa table pour pouvoir lui raconter d’où viennent ses richesses.
Le récit des 7 voyages
D’après la légende persane, Sinbad le marin se serait constitué une fortune au cours de 7 voyages semés d’embûches : baleine, oiseaux gigantesques, cyclope sanguinaire, individus anthropophages, vieillard meurtrier ou encore pirates, rien ne lui sera épargné ! Pour se sortir de ces situations, il a dû combattre ses ennemis en utilisant son courage, sa force et son esprit brillant. Sinbad narre ses aventures avec tant de détails qu’il demandera à ses invités, dont Hinbad, de revenir 7 soirs de suite pour pouvoir toutes les raconter. Le dernier soir, dans sa grande générosité, il proposera à Hinbad de l’employer à son service en tant qu’ami !
Récit de navigateur ou conte des mille et une nuits
Sur ce point, les avis divergent. C’est Antoine Gallant (spécialiste des manuscrits anciens sous Louis XIV) qui a le premier traduit un recueil de contes perses, appelé les mille et une nuits, auquel il intégra l’histoire de Sinbad le marin. Mais certains lieux sont si minutieusement décrits que d’autres pensent qu’il s’agit d’un récit de navigateur qui, à force d’être raconté, serait devenu une série d’aventures.
Quoi qu’il en soit, ce conte continuera à tenir en haleine les lecteurs du monde entier, désireux de savoir comment Sinbad se sortira des nombreuses difficultés auxquelles il est confronté !
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L'algorithme simple que les fourmis utilisent pour construire des ponts
Même sans personne aux commandes, les fourmis légionnaires travaillent collectivement pour construire des ponts hors de leur corps.
De nouvelles recherches révèlent les règles simples qui conduisent à un comportement de groupe aussi complexe.
Les fourmis militaires forment des colonies de millions de personnes mais n'ont pas de foyer permanent. Ils traversent la jungle chaque nuit à la recherche d'un nouveau terrain d'alimentation.
En cours de route, ils accomplissent des exploits logistiques qui feraient la fierté d'un général quatre étoiles, notamment en construisant des ponts avec leur propre corps.
Tout comme les essaims de robots bon marché et stupides que j'ai explorés dans mon récent article , les fourmis militaires gèrent cette coordination sans chef et avec un minimum de ressources cognitives.
Une fourmi militaire individuelle est pratiquement aveugle et possède un cerveau minuscule qui ne pouvait pas commencer à comprendre leur mouvement collectif élaboré.
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"Il n'y a pas de leader, pas d'architecte et de fourmi disant" nous devons construire ici "", a déclaré Simon Garnier , directeur du Swarm Lab au New Jersey Institute of Technology et co-auteur d'une étude de 2017 qui prédit quand une colonie de fourmis militaires décidera de construire un pont.
L'étude de Garnier aide à expliquer non seulement comment les fourmis non organisées construisent des ponts, mais aussi comment elles réussissent la tâche encore plus complexe de déterminer quels ponts valent la peine d'être construits.
Pour voir comment cela se déroule, adoptez la perspective d'une fourmi en marche. Lorsqu'il arrive à une brèche sur son chemin, il ralentit. Le reste de la colonie, toujours en train de foncer à 12 centimètres par seconde, vient lui piétiner le dos. À ce stade, deux règles simples entrent en jeu.
Le premier dit à la fourmi que lorsqu'elle sent d'autres fourmis marcher sur son dos, elle doit se figer. "Tant que quelqu'un vous marche dessus, vous restez sur place", a déclaré Garnier.
Ce même processus se répète chez les autres fourmis : elles enjambent la première fourmi, mais - euh-oh - l'écart est toujours là, donc la prochaine fourmi en ligne ralentit, se fait piétiner et se fige sur place. De cette façon, les fourmis construisent un pont assez long pour couvrir tout espace devant elles. Les fourmis traînantes de la colonie marchent ensuite dessus.
Il y a plus que cela, cependant. Les ponts impliquent des compromis. Imaginez qu'une colonie de fourmis arrive à un espace en forme de V sur son chemin. La colonie ne veut pas faire tout le tour de l'écart – cela prendrait trop de temps – mais elle ne construit pas non plus de pont sur la partie la plus large de l'écart qui minimiserait la distance que la colonie doit parcourir. Le fait que les fourmis légionnaires ne construisent pas toujours le pont minimisant la distance suggère qu'il y a un autre facteur dans leur calcul inconscient.
"En écologie, quand vous voyez quelque chose comme ça, cela signifie généralement qu'il y a un compromis coût-bénéfice", a déclaré Garnier. "Vous essayez de comprendre : quel est l'avantage et quel est le coût ?"
Le coût, selon les écologistes, est que les fourmis piégées dans les ponts ne sont pas disponibles pour d'autres tâches, comme la recherche de nourriture. À tout moment lors d'une marche, une colonie peut maintenir 40 à 50 ponts, avec aussi peu qu'un et jusqu'à 50 fourmis par pont. Dans un article de 2015 , Garnier et ses collègues ont calculé que jusqu'à 20 % de la colonie peut être enfermée dans des ponts à la fois. À ce stade, un itinéraire plus court ne vaut tout simplement pas les fourmis supplémentaires qu'il faudrait pour créer un pont plus long.
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Sauf, bien sûr, que les fourmis individuelles n'ont aucune idée du nombre de leurs compagnons de colonie qui tiennent bon sur un espace. Et c'est là que la deuxième règle entre en jeu. Au fur et à mesure que les fourmis exécutent l'algorithme de « pontage », elles sont susceptibles d'être bousculées. Lorsque le trafic sur leur dos dépasse un certain niveau, ils tiennent en place, mais lorsqu'il descend en dessous d'un certain seuil - peut-être parce que trop d'autres fourmis sont maintenant occupées à construire elles-mêmes des ponts - la fourmi se débloque et rejoint la marche.
Ce nouvel article est né d'expériences menées avec des fourmis légionnaires dans la jungle panaméenne en 2014. Sur la base de ces observations, les chercheurs ont créé un modèle qui quantifie la sensibilité des fourmis au trafic piétonnier et prédit quand une colonie franchira un obstacle et quand elle le fera. décider, en un sens, qu'il vaut mieux faire le tour.
"Nous essayons de déterminer si nous pouvons prédire combien de raccourcis les fourmis feront compte tenu de la géométrie de leur environnement", a déclaré Garnier.
Evolution a apparemment équipé les fourmis militaires du bon algorithme pour la construction de ponts en déplacement. Les chercheurs travaillant à la construction d'essaims de robots simples sont toujours à la recherche des instructions qui permettront à leurs machines bon marché d'accomplir des exploits similaires.
Un défi auquel ils doivent faire face est que la nature fabrique des fourmis de manière plus fiable et à moindre coût que les humains ne peuvent fabriquer des essaims de robots, dont les batteries ont tendance à mourir. Une seconde est qu'il est très possible qu'il y ait plus de comportement de fourmi armée gouvernant que deux règles simples.
« Nous décrivons les fourmis légionnaires comme simples, mais nous ne comprenons même pas ce qu'elles font. Oui, ils sont simples, mais peut-être qu'ils ne sont pas aussi simples que les gens le pensent », a déclaré Melvin Gauci , chercheur à l'Université de Harvard travaillant sur la robotique en essaim.
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