Oct 26, 2022
LA LECTURE DES ARTICLES - CLASS 18
La bibliothèque des secrets
Un an s'est écoulé depuis les événements de "Nightmare in Copenhagen".
Alors que Jessica Ferguson et Altus Donovan tentent d'en savoir plus sur l'Ordre de Keshla, Gabriel joue un double jeu afin de mettre un terme aux agissements de son père.
Eléonore, tenue à l'écart de tous, ne comprend pas les changements de comportement de son amie, devenue plus renfermée et secrète.
Tout s'accélère le jour où l'équipe reçoit un message d'Amdanda Walsh, chargée d'enquêter sur le terrain par Altus.
Ce qu'ils apprennent les choque et accélère leur plan. Ils doivent agir, et maintenant. Direction Alexandrie. Mais le danger est partout, car les ombres de Keshla se cachent.
Prologue
Amanda courrait à en perdre haleine, ses poumons la brûlant, son sang battant cruellement à ses tempes, ses jambes la suppliant de cesser cette cavalcade.
La chaleur écrasante de la fin d'après-midi égyptienne rendait sa course particulièrement éprouvante, mais elle ne pouvait s'arrêter.
Elle savait que si elle venait à le faire, ou à ralentir le rythme, ils la rattraperaient.
A travers les rues, elle slalomait entre les hères qui déambulaient sans se douter de ce qui se tramait.
Certains la regardaient avec curiosité, d'autres lâchaient en langue arabe, ou en anglais parfois, un mot qu'elle n'avait pas le temps de saisir. Il fallait dire qu'elle n'avait pas réellement le temps de s'en soucier.
Elle se risqua à jeter un coup d'œil par-dessus son épaule. Ses poursuivants gagnaient du terrain. Sa main se crispa sur la sangle de sa sacoche.
Il lui fallait absolument trouver un moyen pour sortir de leur champ de vision.
Elle repéra l'entrée d'une allée marchande, un peu plus loin, et fit un effort quasi surhumain pour tenter d'accélérer le pas.
Elle bifurqua et pénétra dans le marché, entre les étals de marchandises toutes plus variées les unes que les autres.
Elle se glissa furtivement au milieu de la marée humaine et lança un coup d'œil vers l'entrée.
Elle les vit arriver, toisant la foule, la recherchant du regard au cœur de la cohue. Heureusement pour elle, elle était de petite taille et cela lui offrait l'avantage du terrain, la plupart des gens la dépassant d'au moins une tête. Mais ça ne la sauverait pas pour autant.
Ce n'était qu'un maigre gain de temps. A l'entrée, ils se séparaient déjà pour trianguler le secteur. La jeune femme, tâchant de reprendre son souffle, regarda en tous sens, cherchant une échappatoire. Elle repéra un marchand de tissus, et se précipita vers son étal.
Elle ne comprenait rien à l'araméen – son traducteur étant désormais un souvenir lointain – et se contenta de lui désigner un foulard rouge, avec des motifs dorés. Elle ne laissa pas le gaillard discuter, lui tendant une liasse de billets (sûrement beaucoup plus que le prix de l'étoffe) et vit son regard s'illuminer d'une lueur cupide. Il s'empara avidement de l'argent et lui passa l'objet convoité. Elle se dépêcha de s'en vêtir, se cachant à nouveau dans la foule, qu'elle traversa sans se retourner. Elle profita d'un groupe qui marchait vers l'entrée pour tenter de repartir.
A un moment, son cœur s'arrêta car elle se retrouvait à moins de trois mètres d'un de ses poursuivants, mais il regardait de l'autre côté. Réussissant ainsi à sortir du bazar, elle lança à nouveau des regards tout autour d'elle.
Il ne semblait plus y avoir de personne à sa poursuite. Ils devaient tous être en train de ratiboiser le marché. Poussant un demi-soupir de soulagement, elle repartit en trottinant, ignorant la douleur de ses jambes. Elle venait de les semer, mais elle savait qu' ils finiraient par la retrouver, quoi qu'il arrive. Ce n'était pas un problème. Avec le temps, elle avait pu se faire à cette idée. Elle savait qu'elle ne s'en sortirait probablement pas. Pas cette fois.
Elle était résignée, mais il lui fallait absolument terminer ce qu'elle avait commencé. Elle devait faire en sorte que quelqu'un reprenne le flambeau. Que quelqu'un sache pourquoi elle allait disparaitre à jamais de ce monde, et remonte jusqu'à la source. Pour la venger, elle et son équipe.
Longeant les rues, elle finit par trouver ce qu'elle cherchait.
Elle trouva un petit bureau de poste et sauta sur l'occasion.
Elle réussit par miracle à communiquer avec le guichetier, qui balbutiait un anglais suffisant pour comprendre les touristes, et lui demanda de faire un coli fragile.
Il alla fouiller dans l'arrière-boutique pour dénicher une boîte pendant que la jeune femme sortait de sa sacoche de voyage un vieux stylo pas mal abimé. Avec un soupir, elle le dévissa et en extirpa la carte mémoire.
Il s'agissait en réalité d'une caméra-espion. Doutant de la douceur des conditions de voyage de l'objet, elle le revissa, puis chercha son portefeuille et en tira une carte de visite qui indiquait : Amanda K. Walsh, Agent de terrain Société des anciennes collections de Donovan A l'aide du stylo, qui fonctionnait réellement, elle griffonna quelque chose à son dos, puis plongea une fois encore la main dans la sacoche pour en extraire, cette fois-ci, une sorte de broche pour vêtement finement ouvragée.
Elle représentait un K, au centre d'un cercle composé de deux rameaux d'oliviers. Elle toisa l'objet avec mépris, ses mâchoires se contractant de fureur, et le jeta dans la boîte que l'homme venait de lui ramener avec le stylo et la carte de visite.
Elle referma le couvercle et inscrivit les coordonnées sur les cases prévues à cet effet. L'adresse, elle la connaissait par cœur.
C'était celle qu'on lui avait communiquée dans le dernier message de la direction générale de la DOCS. Celle de la détective Jessica Ferguson, à son bureau d'Edimbourg.
Pourquoi cette personne ? Le communiqué avait été très laconique à ce sujet. Mais elle n'avait plus le temps de se poser de question. Elle paya et regarda le coli rejoindre l'arrière-boutique. Elle priait en cet instant pour qu'il parvienne bien à destination.
Sinon, tout cela aurait été vain. Elle sortit du bureau de poste, méfiante, et se glissa à nouveau dans la foule.
Elle se demandait combien de temps encore elle parviendrait à leur échapper. Hélas, la réponse lui paraissait suffisamment claire. Pas assez longtemps.
1
Un éclair fendit le ciel tandis que le véhicule noir – une vieillerie des années quatre-vingts roulant encore à la perfection – se stoppait devant la grille de la propriété de Gregory Square, perdue au centre de l'île de Skye, en Ecosse.
La femme qui était au volant fit deux appels de phares à l'attention d'une personne qui attendait, sous le perron de la maison prise dans un rideau de pluie diluvienne, à l'abri de l'avant-toit. Déployant un parapluie, il se risqua en courant sous le déluge et vint libérer le passage.
La voiture entra dans la cour détrempée tandis qu'il refermait derrière elle avant de rejoindre toujours au pas de course la protection du manoir McGregor.
De son côté, la femme se parqua le plus près possible des marches menant à la porte d'entrée et sortit en trombe de l'habitacle de l'automobile, une serviette sous le bras, poussant un juron tonitruant en se retrouvant sous les flots du ciel. L'homme s'était déjà mis au sec dans le vestibule et fut rejoint un instant à peine plus tard par la femme.
- Ah mais bordel, quel temps de chiotte ! s'exclama Jessica Ferguson en se débarrassant d'un geste ample de son imperméable dégoulinant, le jetant sur le portemanteau.
Elle retira son chapeau mou pour le lancer dédaigneusement au même endroit tout en passant une main dans ses cheveux bruns coupés mi-longs.
- Je ne vous le fais pas dire, répondit Gabriel McGregor en déposant le parapluie dans son seau près de la porte.
Et ce n'est pas près de s'arranger. La météo dit qu'on est au cœur d'une bonne vieille tempête de l'Atlantic-Nord, on va avoir quelques jours peu agréables.
Il se gratta la tête et fut contrarié de constater qu'avec l'humidité et les quelques gouttes tombées sur son cuir chevelu en dépit du parapluie, ses cheveux auburn commençaient à nouveau à se rebeller en bouclant légèrement.
- Dieu bénisse notre belle Ecosse, fit sarcastiquement Jessica en levant les yeux au ciel. Sans vraiment demander la permission au maître des lieux, elle se dirigea vers l'aile droite du manoir, où se trouvait le salon et où crépitait un superbe feu dans la cheminée. Elle s'approcha du foyer en tendant les mains pour se réchauffer – ça avait beau être le début de l'été, il faisait un froid épouvantable ces derniers jours – et jeta un œil au tartan du clan McGregor suspendu au manteau de l'âtre. Lorsque Gabriel la rejoignit, un instant plus tard, avec un plateau sur lequel étaient disposées théière, tasses et assiette de biscuits, elle demanda avec plus de sympathie en se tournant vers lui : - Et sinon, comment vas-tu, p'tit ?
Depuis le temps, ça va faire quoi ?
quatre mois ?
- Comme vous voyez, ça ne va pas trop mal, répondit Gabriel en servant l'Earl Grey fumant. Jessica s'approcha et se laissa choir sur le canapé en face du foyer, acceptant sans se faire prier la tasse que le jeune homme lui tendait.
- Ton épaule te fait toujours mal ? interrogea-t-elle encore en remarquant qu'il n'avait pas allongé complètement le bras pour la lui donner et avait eu un tic facial de douleur.
- Ça va de mieux en mieux, mais certains jours, ça me tire encore un peu, admit-il avec un pâle sourire.
- Ce sont des blessures qui peuvent mettre beaucoup de temps à se remettre, rappela la trentenaire en prenant une grande gorgée.
Gabriel s'assit dans le fauteuil en face d'elle en silence tandis que tous deux se remémoraient instinctivement des terribles circonstances dans lesquels le jeune homme avait été blessé. Vous aimerez aussi Ace by xxdailydolanxx As 153M 3.8M [TERMINÉ][MODIFICATION] Ace Hernandez, le roi de la mafia, surnommé le diable. Sofia Diaz, connue comme un ange.
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s... Marked by the Alpha by zabellerain Marqué par l'Alpha 40.4M 1.2M "Tu es à moi" Il murmura sur ma peau. Il inhala profondément mon parfum et embrassa la marque qu'il m'avait donnée. Je frissonnai alors qu'il le mordillait légèrement.
"Danny, tu es... L'année précédente, également à l'approche de l'été, il avait été mené par le bout du nez dans un jeu de pistes devant censément le conduire à son père, porté disparu depuis neuf ans. Désireux de suivre ce mince espoir de le retrouver après tout ce temps et de découvrir ce qui lui était arrivé, il s'était laissé entrainer avec sa meilleure amie tout droit dans un piège.
En effet, après avoir été guidé par les indices de la France à l'Ecosse en passant par le manoir familial et l'institut fondé par Charles – son père – près du Loch Lomond, ils s'étaient finalement retrouvés à Copenhague, où les choses avaient pris un tournant des plus inattendus. Il s'était avéré que Charles, loin d'être une pauvre victime en danger, avait en réalité planifié sa propre disparition depuis tout ce temps pour prendre la tête d'une « société secrète », si l'on puit dire, et voulait capter l'attention de son fils en lui faisant passer une épreuve dans le but avouer qu'il les rejoigne. Dans le cas où il était plus qu'évident que cet homme avait perdu l'esprit et dépassé les limite en ordonnant la mise à mort du professeur Arthur Langwell
– son ancien professeur universitaire qui avait tenté de déjouer ses plans en voulant prévenir Gabriel, ce dernier avait décliné l'invitation et s'était fait tirer dans l'épaule gauche en représailles.
Pour ce qu'en avait déclaré Gabriel du moins. Jessica pour sa part avait été mêlée à toute cette histoire et s'était retrouvée sur place ce jour-là pour une autre raison.
Ancienne inspecteur de la police d'Edimbourg reconvertie en tant que détective privée, elle avait été en charge durant toutes ces années de l'enquête sur la disparition de Charles McGregor. Enquête qui piétinait depuis bien longtemps. Lorsque le fils avait débarqué au manoir
– alors sous étroite surveillance
– avec l'air d'en savoir plus qu'elle, cela avait lancé une suite de répercussions l'ayant menée droit dans les bras d'un des suspects potentiel, et par un vicieux jeu de faux-semblants, l'avait conduite également à Copenhague au même instant.
- Au fait, ton amie au fort tempérament n'est pas là ?
finit-elle par interroger lorsqu'elle fut revenue de ses réflexions.
- Eléonore ? interrogea Gabriel. Non, elle est actuellement en déplacement pour une master-class à Louxor avec son professeur d'égyptologie. - Et son compagnon ?
- Elle a proposé de l'emmener avec pour servir de traducteur, comme il parle arabe. Je suis seul si c'est ça votre question.
Depuis les évènements de Copenhague, Gabriel était venu s'installer en Ecosse.
Il partageait désormais sa vie entre l'Université de Glasgow, où il suivait un cursus en histoire et archéologie, et Gregory Square.
Le reste du temps, il était fourré à l'institut McGregor où Gunther Hofmann lui avait proposé d'officier en tant que stagiaire-assistant, ce qui ferait bien dans son futur CV. Sa meilleure amie, Eléonore Cartier, ayant le cœur trop lourd de le savoir si loin, surtout après avoir risqué de le perdre, avait été tiraillée entre le rejoindre pour continuer son propre cursus à Glasgow, où rester en France où elle venait de se remettre en couple avec son petit-ami Ghassan. Ce dernier, ayant terminé son propre diplôme en informatique et sentant le dilemme qui la déchirait, avait proposé d'essayer de venir s'établir avec elle ici. Avec de bonnes références, il avait trouvé un poste le temps de l'établissement, puis s'était mis à son propre compte. Les deux s'étaient installés ensemble dans un appartement de Glasgow, même s'ils venaient très souvent squatter le manoir, avec la bénédiction de Gabriel.
Et bien que leur histoire ait mal débuté à l'origine, cela faisait à présent un peu plus d'un an qu'ils étaient inséparables.
- Parfait, déclara Jessica en reposant sa tasse sur la table basse. Ça m'arrange, on va pouvoir aller droit au but ! Gabriel posa sur elle un regard peu surpris. Il savait parfaitement quel était le but de la visite de Jessica, elle lui avait téléphoné la veille pour le prévenir de sa venue. Bien sûr, elle n'avait pas caché son agacement de savoir qu'il était à Skye plutôt qu'à Glasgow, mais c'était visiblement très important. « Ça concerne tu sais qui » avait-elle dit sombrement au bout du fil.
Mise à part que le jeune homme avait failli lui répondre « Voldemort ? [1]»
par réflexe et un peu pour la taquiner, il s'en était abstenue et devait admettre que, bien que comprenant parfaitement de quoi il retournait, il restait intrigué de savoir ce qu'elle comptait lui apprendre.
Elle attrapa la serviette qu'elle avait posée auprès d'elle sur le canapé et en extirpa un gros dossier-papillon sur lequel était inscrit :
DOSSIER N° 34 CAS :
[MCGREGOR] CACHE INSPECTEUR : J. S. FERGUSON C'était l'ancien dossier lié à l'enquête sur son père, qu'elle avait gardé et reconverti en rapport avec les terribles découvertes et déconvenues de Copenhague.
Gabriel avait déjà eu l'occasion de voir cette grosse chemise toute écornée à plusieurs reprises au cours de l'année.
Ce n'était pas la première fois qu'elle l'invitait ou s'incrustait pour débriefer de l'avancée de ses recherches quant à leur ennemi , pour reprendre ses propres mots. L'Ordre de Keshla. A leur connaissance, ce groupe était une sorte de secte. Le professeur Arthur Langwell avait eu le temps de confier, peu avant de rencontrer son tragique destin ce jour-là, qu'il s'agissait apparemment d'une ancienne société dont les origines étaient méconnues.
Leur but aurait été de récolter avec une scrupuleuse rigueur les connaissances humaines
– mais principalement l'Histoire de l'Humanité
– pour les garder et les révéler au monde lorsque le moment serait venu selon eux. Visiblement, si l'on tendait l'oreille dans le milieu de l'archéologie et des autres sciences liées, il y avait effectivement un vague bruit de couloir sur ce soi-disant ordre séculaire.
Mais à la vérité, personne dans la profession n'y croyait. Il s'agissait aux yeux de tous d'une simple légende que l'on se racontait autour de la machine à café avec un sourire amusé. Une légende qui avait tué un homme, tiré sur Gabriel et dont l'enquêtrice savait qu'au moins trois personnes réelles faisaient partie.
Ou le revendiquaient du moins. Charles McGregor, bien entendu, qui semblait en être le gourou, à défaut de tout autre mot ;
Lars Nielsen, un professeur de théologie danois qui était apparemment son bras droit ;
Et feu le chef de la police de Copenhague, qui avait mis fin à ses jours pour couvrir les agissements de l'Ordre l'an passé. Sans doute devait-il y avoir beaucoup plus de monde dans l'ombre, mais c'était pour l'instant les seuls qu'elles dont on pouvait affirmer l'appartenance. Et tout ce petit monde, sous l'égide de Monsieur McGregor père, semblait avoir décidé que le temps des révélations était venu. Quoi que pouvait signifier cela et visiblement, quoi que cela en coûte, au mépris évident de la vie d'autrui. Ce qui les rendait réellement dangereux. Pour cette raison – mais aussi parce qu'elle était profondément vexée de savoir que la personne qu'elle recherchait depuis des années était non seulement en vie et en pleine santé, mais qu'en plus il l'avait manipulée en mettant en scène sa disparition pour devenir le gourou psychopathe d'un pseudo ancien groupuscule secret -, Jessica avait déployé des énergies folles à remonter leur piste. Sans grand succès, il fallait se le dire. Comme Gabriel avait été le centre de l'attention de Charles, l'inspectrice le tenait régulièrement informé de l'évolution des évènements.
Evidemment, elle attendait en retour que le jeune homme coopère également si jamais un de ces fous dangereux prenait à nouveau contact avec lui.
De son côté, il avait accepté cette collaboration à la condition unique que son amie Eléonore ou quiconque d'autre ne soient mis au courant de cette enquête. Gabriel était conscient du danger de poursuivre ces gens
– les lancées de son épaule le lui reconfirmait souvent
– et désirait profondément protéger par un voile d'ignorance les personnes qui lui étaient chères.
Pour dire vrai, il aurait même préféré que Jessica s'abstienne d'essayer de les retrouver, car il l'appréciait malgré son caractère bien trempé et ne voulait pas que tout lui retombe dessus. Malheureusement, il était également conscient qu'il ne pouvait pas l'en empêcher.
Alors il collaborait, tout en tachant de la tenir le plus à distance possible de la vérité.
- Vous avez du nouveau ?
interrogea-t-il en posant sur elle son regard bleuté, prenant une nouvelle gorgée de thé. Comme toute réponse, elle ouvrit le rabat du dossier, révélant la masse de papiers épars qui s'y trouvait. Parmi eux photos, extraits de journaux, note, liste de référence de témoignages
– qu'elle gardait sur des cassettes de dictaphone dans un tiroir fermé à clé dans son bureau d'Edimbourg
– et tout un tas d'autre choses dont elle seule savait l'utilité au milieu du reste. Sur le dessus du tas de papier se trouvait une petite carte de visite, qu'elle ramassa et lui tendit. Levant un sourcil, intrigué, le jeune homme s'en saisit et lut, une expression d'incompréhension se dessinant sur son visage.
- Je ne vois pas bien le rapport. D'autant que je croyais qu'Altus n'était plus à la tête de sa société.
- C'est le cas, répondit Jessica. Mais comme on ne pouvait pas se permettre de rester les bras croisés à attendre sagement que ton cinglé de père ou tout autre membre de Keshla agisse pour pouvoir les localiser, ton imbécile de parrain et moi on a discuté de ce qui était le plus judicieux.
- Attendez... quoi ?!
s'exclama presque Gabriel, médusé par l'information qu'il venait de recevoir. Altus est aussi dans le coup ?
Et d'abord, depuis quand vous êtes de nouveau en contact avec lui, je croyais que c'était fini ?
- C'est une longue histoire qui ne te regarde pas vraiment, mais oui, je suis toujours en contact avec lui, soupira Jessica avec une grimace d'exaspération.
La réaction du jeune homme n'était pas exactement celle qu'elle attendait, mais elle n'avait pas de temps à perdre à se justifier.
Elle savait qu'il avait négocié que personne ne soit impliqué à part elle et lui, mais Altus Donovan faisait partie intégrante de l'équation, qu'il le veuille ou non. Même si elle en éprouvait elle-même un certain agacement. Gabriel se recula instinctivement dans son siège, croisant bras et jambe, se refermant dans une attitude défensive que Jessica commençait à bien lui connaître. Il demanda, un peu sèchement :
- Et donc ?
Qu'est-ce que vous avez décidez sans m'en parler. Et quel est le rapport avec cette jeune femme ?
Jessica ménagea un silence, prenant le temps de boire une longue gorgée de thé.
Elle profita de se temps pour le sonder intensément.
Sa réaction était très brusque par rapport à son habitude et elle pensait deviner pourquoi. Cependant, elle n'en laissa rien paraître, reposant doucement la tasse sur sa sous-coupe avant de répondre à la question.
- Tu sais comme moi que malheureusement, nous avons les mains quelques peu liées pour enquêter de manière plus concrète sur Keshla. Ils savent qui nous sommes et il n'est pas exclu qu'ils nous espionnent d'une manière ou d'une autre. Que quelqu'un les tienne informés de nos moindres faits et gestes à leur encontre. Gabriel quitta sa position de repli et se pencha en avant, les mains croisées désormais, portant toute son attention sur celle qui lui faisait face.
- C'est ce dont nous avions également discuté, se contenta-t-il de dire. - C'est vrai. Alors tu comprendras très bien notre logique dans ce cas. Il nous fallait pouvoir remonter les minces pistes que nous avions et aller voir sur le terrain, sans pouvoir le faire nous-même. Alors Altus a proposé cette solution : Amanda.
- Qui est ?
- Tu l'as bien vu sur sa carte, non ?
- Ça n'explique pas grand-chose et ça ne dit pas ce que vous lui avez demandé. Jessica fut un peu surprise par le côté tranchant du jeune homme. Il était comme sur la défensive, ce qui n'était pas tant dans ses habitudes. C'était comme s'il était inquiet de quelque chose et ne savait pas comment l'exprimer autrement. - Eh bien, c'est très simple. Comme tu ne l'ignore pas, Altus a démissionné de son poste de PDG et donner les reines de la DOCS à quelqu'un d'autre. - Ça oui. - Donc, c'était une occasion rêvée, la fenêtre d'action dont nous n'aurions su rêver. Cette fille étant spécialement entrainée pour « chasser » (elle mima les guillemets) sur le terrain, elle était la candidate parfaite. Et comme Altus n'a plus de lien direct avec elle, puisque plus son patron, cela ne risquait pas d'éveiller les soupçons si elle se trouvait sur une piste. Elle pouvait toujours prétendre continuer à faire son propre travail en freelance. Pendant qu'Altus la dédommageait avec ses propres économiques. Gabriel resta interdit, la bouche entrouverte, le regard fixe sur Jessica, tâchant de bien assimiler ce que cela signifiait. Et tandis qu'il en prenait la mesure, son cœur s'accéléra malgré lui. Son assurance et son air supérieur se dissipèrent aussi vite qu'ils étaient arrivés et il se remit en arrière dans le fauteuil, comme s'il cherchait à s'éloigner le plus possible de l'inspecteur alors couleur quittant légèrement son visage. Il demanda, d'une voix soudain moins assurée : - D'accord. Et du coup, elle a trouvé quelques choses ? Jessica le fixait toujours avec intensité, dubitative quant à sa réaction. Un tic leva le bord de sa bouche alors qu'elle réfléchissait à quelque chose de grave. Elle baissa ensuite les yeux sur la serviette, glissa la main dedans pour en sortir cette fois-ci la broche à vêtement et le stylobille reçu en même temps que la carte de visite dans un coli quelques jours plus tôt. Gabriel les observa avec surprise. Il tendit le bras et pris la broche, passant ses doigts sur les fines découpes ouvragées, son regard s'assombrissant. - Je vois qu'elle les a trouvés, marmonna-t-il, plus pour lui-même que pour la conversation. - Ouais, et apparemment ça s'est mal terminé. Retourne la carte, ordonna sans Jessica fermement mais sans autorité excessive. Le jeune homme, qui avait toujours le bout de carton à la main et ne l'avait regardée que de recto, fut surpris par cette sommation et s'exécuta aussitôt. Au verso, d'une écriture hâtée, étaient inscrites deux phrases courtes, dont la teneur ne laissait aucun doute quant à ce qui avait dû se passer. Ils sont dangereux et fous. Arrêtez-les pitié ! Il resta interdit, fixant cette écriture dans laquelle il pouvait percevoir l'affolement et la peur transparaître. Avec empathie, il ne put s'empêcher de s'imaginer cette pauvre fille, sous des traits imaginaires, se débattant et hurlant, le visage en pleur, alors qu'on la trainait devant son père, intraitable. Il dut fermer les yeux une seconde et respirer profondément pour chasser de son esprit cette image terrible. Quand il les rouvrit, Jessica – qui c'était bien modernisée depuis l'an dernier sous l'impulsion de plusieurs facteurs – avait sorti un ordinateur portable de son sac et le tenait déjà allumé sur ses genoux. - Qu'est-ce que vous faîtes ? interrogea-t-il, se sentant mal. - Tu vas voir, répondit simplement l'inspecteur tout en dévissant le stylobille. Gabriel fut surpris en voyant que ce dernier contenait, non pas le réservoir d'encre, mais un circuit informatique. Elle le brancha sur le PC, puis tapota quelque chose sur le clavier. Elle se leva ensuite et déposa le PC sur les genoux du jeune homme, qui sursauta presque. - Elle a fait un superbe travail d'infiltration, et a réussi à filmer en caméra-cachée pas mal de chose qui sont, tu vas le voir, très intéressantes et instructives sur notre ennemi. Elle ne l'avait pas regardé en disant cela, et son ton avait été insistant sur les deux adjectifs. - Je te laisse regarder tranquillement, moi je vais fumer une clope si ça ne te dérange pas. Sans attendre de réponse, elle se dirigea vers la porte, l'ouvrit, la cigarette déjà à la bouche, et s'arrêta sur le pas de porte. Elle lança un regard à Gabriel, puis lui adressa une moue étrange avant de refermer derrière elle. Gabriel était stupéfait. Toutes ses nouvelles le mettaient franchement dans un état nerveux assez important et il se sentait blêmir. Son regard, après avoir fixé la direction du hall d'entrée un long moment se glissa sur l'écran. Il affichait une image noire en bas de laquelle se trouvait la barre de fonction d'un lecteur vidéo. La poitrine oppressée, la bouche pâteuse et le doigt tremblant, il amena le curseur sur la touche play , prenant une grande respiration, et appuya. Il appréhendait terriblement ce qu'il allait découvrir. [1] Ennemi principal dont personne n'ose prononcer le nom dans la saga « Harry Potter » de J. K. Rowling.
2
L'après-midi touchait désormais à sa fin et, tandis que la voiture de Jessica s'éloignait sous le chemin bordé de chêne, Gabriel retournait en trainant les pieds en direction du manoir après avoir refermé à clé le portail. + La pluie s'était arrêtée pour l'instant mais les éclaires continuaient à strier le ciel de l'île et le vent se levait de plus en plus, froid, venu de l'océan. Ce n'était pourtant rien en comparaison de la tempête qui se déchainait actuellement dans l'esprit du jeune homme. Une fois à l'intérieur de la propriété, il se dirigea immédiatement en direction du minibar en forme de globe terrestre et saisit la bouteille de whisky et un verre. Il vint ensuite se laisser tomber dans le fauteuil face au feu qui se mourrait en se servant généreusement Il but la moitié du verre cul-sec, fermant les yeux, puis soupira en se passant une main sur le visage. Il se sentait lessivé, totalement vidé de son énergie et moralement à bout de force. Le contenu de la vidéo avait de quoi surprendre et l'avait pris au dépourvu. Intéressant et instructif sur la nature de l'ennemi, en effet, Jessica n'avait pas menti. Il y avait franchement de quoi se sentir chamboulé après le visionnage. Sans parler de la discussion qui s'en était suivie. Soupirant encore, Gabriel termina son verre avant de le remplir à nouveau, puis resta un long moment à contempler les braises rougeoyaient encore dans l'âtre. Son esprit ressassait toute la conversation qu'il avait eue avec la détective, triait les informations, tachant de mettre de l'ordre dans tout ce bazar. Au milieu de ce chaos, une pensée le préoccupait énormément. Elle savait désormais. Et c'était loin d'être une bonne nouvelle. Amanda Walsh avait vraiment fait un sacré travail d'infiltration et récolté dans sa vidéo-espion des images parlantes. Suffisamment pour que Jessica ait de l'eau à son moulin et puisse s'engouffrer plus loin dans la faille. Trop loin, craignait fort le jeune homme. Elle connaissait à présent le visage de plusieurs membres de l'Ordre, plus ou moins leur structure de manière survolée, quelques-uns de leurs rites, et surtout où trouver Charles. Alors forcément, elle parlait déjà d'agir, de partir en croisades. Et cela n'arrangeait pas du tout Gabriel. Le regard perdu dans le vague, las de la situation, il se rappelait de l'année écoulée, des sacrifices et concessions qu'il avait dû faire. Des efforts et stratagèmes déployés pour garder toute les personnes auxquelles il tenait à l'écart du danger, Jessica la première. Sur combien de fausses pistes s'était-il évertué à l'envoyer en prétendant l'aider à enquêter ? Combien de réflexions montées de toutes pièces ? Combien de temps et d'énergie ? De nuit d'insomnie ? Combien de mensonges avait-il fomenté pour tous les protéger ? Car depuis une année c'était bien à cela qu'il employait toutes ses forces. A tenir ses précieux amis, ses proches, ceux qu'il appréciait réellement, le plus loin possible de Keshla. De Charles et ses manigances. Et voilà que Gabriel découvrait que non seulement ça n'avait servi à rien concernant Jessica, car elle avait réussi à le prendre de court avec son histoire d'agent de terrain, mais en plus son parrain était dans le coup. C'était désespérant ! Il voulait bien se sacrifier en déployant toutes ses ressources pour les protéger de Keshla, mais il ne pouvait visiblement pas les garder d'eux-mêmes. Il fallait compter avec le fait que ces deux là – en tout cas Jessica pour l'instant – soient au courant de plus de choses qu'il ne pouvait les en préserver. Vous aimerez aussi 𝐁𝐮𝐫𝐲 𝐀 𝐅𝐫𝐢𝐞𝐧𝐝 by -alinax 𝐁𝐮𝐫𝐲 𝐀 𝐅𝐫𝐢𝐞𝐧𝐝 692K 16.2K ˚*•̩̩͙✩•̩̩͙*˚*•̩̩̥͙ tu as dessiné des étoiles autour de mes cicatrices, ✩•̩̩͙*˚ ༝̩̩̥͙ ༓༝̩̩̥͙ ⊹ mais maintenant je saigne **•̩̩͙✩•̩̩͙*˚ .・。.・゜✭・.・✫・゜・。. s... 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Il hésita sur ce qu'il devait faire à présent durant un long temps, tripotant nerveusement la chainette de sa gourmette – un cadeau d'une de son ex, tout en argent et portant son propre nom, qu'il portait toujours par habitude et parce c'était un joli objet – comme il en avait pris le tic depuis une année lorsqu'il était en négociation avec lui-même. Au bout d'un moment, il termina à nouveau cul sec son whisky pour se donner du courage, ayant pris une décision sur ce qu'il devait faire, et sortit son téléphone portable de sa poche. De tête, il composa un numéro qu'on lui avait fait apprendre par cœur. Celui-ci, d'ailleurs, s'accélérait un peu plus à chaque chiffre qu'il composait sur le clavier tactile. Plus il se rapprochait du moment de presser la touche d'appelle et plus le doute le reprenait. Qu'était-il en train de faire ? Allait-il vraiment... ? Il ferma les yeux, prit une grande respiration et repensa à la conversation de cet après-midi. Lorsqu'il les rouvrit, il pressa l'icône du téléphone et porta l'appareil à son oreille. Oui, il allait faire ce qu'il était en train de faire. Il n'avait pas le choix. Il lui fallait montrer son allégeance, obéir aux ordres. Et ce qui adviendrait de Jessica à la suite de ça, c'est elle qui l'aura voulu. Il ne lui souhaitait pourtant aucun mal, mais il avait fallu qu'elle fouine, et qu'elle complique tout, qu'elle change ses plans, qu'elle... On décrocha à l'autre bout du fil et la voix qui répondit hérissa Gabriel, faisant ressurgir en lui une haine qu'il avait toujours eu du mal à contenir. Il ne pouvait pas saquer la personne avec qui il était en correspondance. Prenant une grande respiration pour s'aider à moduler sa voix, pour paraître le plus calme et poser possible, comme on l'attendait de lui, il déclara : - Lars, on a un problème. ******* Jessica, qui n'avait pas franchement envie de se retaper tout le voyage de Skye à Edimbourg une deuxième fois dans la même journée, s'était arrêtée au Royal Hotel de Portree. Lorsqu'on lui tendit la clé en lui donnant le numéro de chambre, elle ne put retenir une sorte de petit rire ironique, et monta prendre ses aises. C'était la même chambre qu'elle avait occupé un an plus tôt quand toute cette affaire avait débuté, et où elle avait connu une première nuit d'amour torride avec Altus Donovan. Le hasard faisait bien les choses non ? Tout en se laissant tomber dans le petit fauteuil près de la fenêtre – depuis lequel elle pouvait apprécier la vue sur la rade. Elle resta un moment ainsi, le regard tourné vers le bras de mer qui se déchainait sous la tempête. C'était reposant. Son esprit était toutefois accaparé par la discussion qu'elle avait eue avec Gabriel cette après-midi. Elle ne savait pas si le résultat de cette entrevue la satisfaisait ou non. Au moins, se disait-elle, ils disposaient de nouvelles informations sur Keshla, et c'était le plus important. Restait encore à savoir quoi en faire exactement. Elle ne put s'empêcher d'avoir une pensée pour la pauvre Amanda Walsh. Elle ne l'avait personnellement jamais rencontrée, à peine eu au téléphone une fois, mais elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une légère culpabilité. Elle l'avait clairement envoyée au casse-pipe, en toute connaissance du risque, et le lui avait en grande partie atténué pour ne pas l'inquiété. Aujourd'hui, dieu seul savait si elle avait réussi à leur échapper ou si elle s'était fait attraper. Jessica, maudissant son propre réalisme, se doutait bien que la balance penchait clairement vers la seconde hypothèse. Après avoir découvert certaines informations au travers de la vidéo d'Amanda, elle ne put s'empêcher d'être traversée par un frisson en imaginant la manière dont ils avaient dû la traiter s'il l'avait prise. Dans un certain sens, elle espérait presque pour cette pauvre fille que son tourment ne dure pas trop longtemps. Avec un grand soupir, elle se disait avec mélancolie qu'elle aurait bien apprécié de pouvoir parler à son mentor, puisqu'elle était à Portree. Malheureusement, le vieux Henry McDonald lui avait fait savoir qu'il était fortement énervé contre elle. Henry avait été autrefois son supérieur lorsqu'elle était entrée dans la police d'Edimbourg, c'était à lui qu'elle devait beaucoup, car il lui avait transmis énormément. Par la suite, il avait demandé à être muté sur Skye, ce qui ne les avait pas empêchés de rester en contact. Généralement, c'était vers lui que Jessica, malgré toute son assurance, se tournait lorsqu'elle se sentait perdue dans son travail d'inspectrice, puis plus tard de détective. Il avait à plusieurs reprises su lui donner les bons conseils au bon moment. Elle lui devait beaucoup. Hélas, depuis l'an dernier, leurs rapports d'entente s'étaient quelques peu dégradés. Le vieux commissaire avait clairement fait savoir à son ancienne protégée qu'il désapprouvait totalement une de ses décisions et qu'il était déçu de son manque de jugement. Tout ça parce qu'elle avait finalement pris le parti d'Altus Donovan en plaidant son innocence, ce qui l'avait mis en colère. Il avait été le premier à enquêter officiellement sur la disparition de Charles McGregor, avant que l'enquête ne piétine et qu'il confie le dossier à Jessica et qu'il ne soit plus que spectateur amer. Neuf ans que cette affaire le rongeait, qu'il s'agaçait de ne pas trouver de piste ou de suspect. Et lorsqu'enfin, un nouvel élément apparaissait sous la forme du témoignage d'un tiers contre l'Irlandais, non, elle décidait de faire en sorte de discréditer les dires du témoin. Bien sûr, Jessica s'était gardée de lui parler exactement de ce qui s'était passé à Copenhague, de Keshla, de la honteuse manipulation dans laquelle Charles McGregor les avait tous entrainé. Elle aurait voulu pourtant, mais à quoi bon. A son âge, si proche de la retraite, elle ne voulait pas l'impliquer dans tout cela, le mettre inutilement en porte-à-faux avec l'Ordre des maboules. Alors elle se contentait d'encaisser les reproches et d'accepter l'éloignement. Si ça pouvait le mettre à l'abri, c'était un prix qu'elle acceptait de payer. Chacun sa croix, comme on disait. Et tant pis pour les conseils avisés d'un vieux de la vieille. Légèrement agacée par la situation avec Henri et transie par un grand froid intérieur, elle alla prendre une douche. Sous le flux chaud, elle commença à se détendre un petit peu, laissant l'eau couler sur son visage. Tandis qu'elle passait sur son corps un peu du savon cadeau de l'hôtel tout en continuant à penser à ce qu'elle pourrait éventuellement faire pour sauver Amanda si par miracle elle était encore en vie, sa main rencontra la cicatrice au bas de son ventre. C'était la marque qui lui rappelait toujours qu'il lui fallait agir prudemment, sans foncer trop tête baissée, sous risque d'en payer un prix bien trop grand. Un prix qu'elle avait dû quittancer autrefois, par orgueil, par manque de recul. Elle porterait à jamais ce rappel, cruelle déchirure dans sa chair, qui lui avait coûté le prix d'une vie. Celle d'un enfant. De son enfant. Amélia. Sa fêlure personnelle Durant des années, chaque fois qu'elle pensait à la fille qu'elle aurait dû mettre au monde, qui n'avait jamais eu le droit de voir le jour par sa faute, elle devait faire des efforts presque insurmontables pour affronter la douleur. Mais depuis peu, cela était, non pas moins une souffrance, mais en tous les cas plus facile à surpasser. Elle supposait que cela était en grande partie lié à quelque chose de tout bête. Après la perte de son enfant lors d'une mission qui avait mal tourné, son fiancé l'avait abandonnée en lui laissant croire que tout était de sa faute, parce qu'elle n'avait pas su se préserver. Et elle avait dû surmonter sa détresse seule. D'accord, elle n'avait jamais été totalement seule, il y avait eu son associé, Doyle, qui avait veillé sur lui quand elle avait cru sombrer et à qui elle serait éternellement reconnaissante. Sans parler de Henry, de Michaël, son ancien équipier de la police d'Edimbourg, et quelques autres personnes. Mais gens la connaissaient d'avant. Comment pouvait-elle accorder du crédit à ceux-ci lorsqu'ils venaient lui dire que c'était terrible, que ce n'était pas de sa faute ? Ne lui disaient-il pas cela uniquement parce que c'est ce qui se dit à un ami (à défaut d'autre mots, Jessica ne considérait que Doyle comme un vrai ami) ? Surtout que c'était ce qu'ils attendaient tous : qu'elle aille mieux, qu'elle se remette. Parce que « ce n'est pas ton genre de te laisser abattre », que « la vie continue » et toutes ces merdes que les gens se répétaient pour se donner l'air intelligent et éviter de trop compatir. Comment pouvaient-ils, tous autant qu'ils étaient, s'imaginer une seule seconde que la douleur pouvait s'effacer si facilement. Cela se voyait bien qu'ils n'avaient jamais eu à traverser une telle épreuve et que la contempler dans un tel état les mettait très mal à l'aise. Elle leur souhaitait de ne jamais avoir à savoir ce que cela faisait, de ne jamais vivre une telle souffrance. Alors pour leur bien, parce que non, elle ne pouvait pas se laisser mourir, elle avait fini par simplement prétendre que ça allait mieux et à ne plus montrer en public ce qu'elle éprouvait. Elle s'était petit à petit refermée, était devenue plus froide, et avait fermé son cœur pour ne plus avoir mal. Mais on ne repoussait jamais complètement ce genre de douleur. Elle se rappelait toujours à nous d'une manière ou d'une autre. Alors, durant des années, Jessica avait souffert en silence, encaissant les cauchemars de cette journée où sa vie avait basculé, et détestant son corps, marqué à jamais par ce rappel cicatriciel. Ce qui faisait pourtant la différence depuis quelques temps, qui l'aidait à aller mieux, c'était d'avoir rencontré une personne qui la comprenait. Quelqu'un qui avait aussi subi une perte qui faisait souffrir à la déraison et savait que, si l'on survivait à l'épreuve, la douleur ne nous quittait jamais totalement. Quelqu'un qui pouvait accepter qu'il y ait des moments de creux, mais qui pouvait aussi dire en connaissance de cause que oui, on allait survivre et que ça passerait. Et cette personne était la plus inattendue qu'elle aurait pu imaginer. Il ne s'agissait pas moins de celui qu'elle avait cru coupable de la disparition de Charles McGregor. Altus Donovan. Comme quoi, l'univers était parfois très ironique. Si on lui avait dit que ce serait lui qui l'aiderait à aller mieux, elle ne l'aurait jamais cru. D'autant qu'ils étaient tous deux partis sur de très mauvaise bases. Outre le fait que l'Irlandais avait avoué qu'au début, il s'était approché d'elle juste pour pouvoir garder un œil sur le dossier 34 car il se savait suspect, Jessica avait quant à elle céder à ses avances dans le but de profiter un peu de son fric car il payait tout. Mais quelque chose s'était produit tandis qu'ils se manipulaient mutuellement. Malgré les masques que représentaient les faux prétextes pour être près l'un de l'autre, ils s'étaient montrés, dans l'intimité de leurs ébats, les versions les plus naturelles de l'un et de l'autre. Ils s'étaient vus pour de vrai. Deux êtres fêlés. Deux survivants, qui pouvaient se parler de leurs blessures et se comprendre, se laisser aller et accepter de ne pas être fort devant l'autre. C'était sans doute à cause de cette compréhension mutuelle que, une fois les évènements de Copenhague passés, et malgré les éléments qui auraient dû les éloigner et le remue-ménage médiatique autour d'Altus, ils avaient continué de se voir durant l'année écoulée. Au grand damne d'Henry McDonald. Déjà, parce qu'ils travaillaient ensemble contre Keshla. Ensuite, parce qu'ils se sentaient bien en présence l'un de l'autre. Jessica ne savait pas si ce bienêtre était suffisamment puissant pour pouvoir être considéré comme de l'amour, mais au moins comme un grand attachement, elle devait le reconnaître. Même si elle ne l'avouerait jamais à personne, et sûrement pas à lui, avec qui elle tentait de garder un détachement lorsqu'ils n'étaient pas nus dans un lit (ou sur un canapé, un tapis, une salle de bain ou tout autre lieu insolite pour ce genre de chose). Se sentant un peu idiote de se poser la question de l'amour en ce qui concernait Altus, elle enfila le peignoir offert par l'hôtel et retourna dans la chambre tout en se séchant vigoureusement les cheveux. Dehors, les nuages épais donnaient la sensation que la nuit tombait déjà. Elle se laissa tomber dans le fauteuil, et glissa la main dans la poche intérieure de son manteau. Puisqu'elle pensait au loup, elle allait l'appeler. D'autant qu'il lui fallait absolument le mettre au courant des derniers évènements concernant Keshla. Entendre sa voix lui ferait plaisir, car cela faisait un petit moment qu'ils ne s'étaient pas revus, Altus ayant exprimé le besoin d'un peu d'éloignement suite à une décision qui lui avait énormément coûté. Elle sélectionna son numéro et pressa la touche d'appel.
3
Altus se trouvait près de l'une des innombrables piscines du complexe hôtelier de Forte Village en Sardaigne, profitant du chaud soleil de fin d'après-midi lorsque son téléphone sonna. + Ce son le tira de sa mélancolie, qu'il tentait de faire passer avec un cocktail. S'il s'était retiré ici, dans ce village de vacances hors de prix où il avait l'habitude de venir en vacances quand il se sentait fatigué, ce n'était certainement pas pour être importuné. Il avait réellement besoin de temps pour lui, pour décompresser de l'année particulièrement agitée qui venait de s'écouler, se remettre de la perte de son entreprise et plus encore de la décision qu'il avait prise quelques semaines auparavant et qui avait été la plus pénible de sa vie. Comme il s'imaginait que la personne qui voulait le joindre devait encore être un de ces pourris de journalistes qui cherchaient absolument à obtenir des déclarations choc de sa part concernant sa démission du poste de PDG de la Donovan's Old Collection Society et la décision quasi immédiate de son successeur de revendre celle-ci à la concurrence, il ignora l'appel. - Resservez-moi la même chose, demanda-t-il au barman. Il se sentait amer en songeant à cet abandon quasi forcé de l'entreprise qu'il avait construite à la sueur de son front et de celle de ses collaborateurs. Mais avait-il eu un autre choix ? Les révélations de Jamie Flannagan sur les activités sous-marines de la DOCS et l'implication potentielle de son fondateur dans la disparition de l'éminent archéologue Charles McGregor avait créé un tel tôlé médiatique que, même s'il s'en était finalement sorti en termes juridiques, l'opinion publique et le conseil de direction n'auraient pas accepté qu'il reste à son poste en toute impunité. Cela aurait nui à l'image de la société et aurait mis en péril les postes de tous les employés innocents. Altus ayant toujours essayé de faire en sorte que ceux-ci ne subissent jamais les retombées des activités annexes de la société, il avait accepté ce sort et remit sa démission à effet immédiat. Tout ça pour que, moins d'un mois plus tard, il apprenne via la presse que son remplaçant avait signé des accords pour le rachat de l'entreprise par un adversaire sur le marché, ça valait bien la peine de faire un tel sacrifice. Il maudissait intérieurement le conseil de direction qui l'avait évincé en toute simplicité et qui devait probablement préméditer ce coup depuis un moment vu la vitesse des transactions. Seule consolation, il conservait malgré tout des économies personnelles conséquentes, s'élevant à quelques millions, et avait eu la présence d'esprit de placer des actions sûres avec ses fonds propres. Cela lui assurerait une certaine tranquillité pour le restant de ses jours. A moins qu'il ne flambe tout en voyages et en hostellerie de luxe. Son téléphone sonna à nouveau tandis qu'il prenait une grande gorgée de son nouveau cocktail. C'était vraiment agaçant. Ces fouilles-merde ne voulaient-ils donc pas lui foutre la paix. Surtout à une heure pareille, la journée allait sur sa fin, bon sang ! Tout en tirant l'appareil de sa poche de chemise, il ne put s'empêcher de se maudire car Dimitri, son fidèle acolyte qui l'avait suivi même après sa démission et se trouvait ici avec lui, lui avait proposé de le garder. Altus avait refusé en lui disant qu'il avait aussi le droit de profiter de ses vacances sans se soucier de ces problèmes. Après tout, la DOCS étant dissoute, Altus aurait été vraiment mal avisé de continuer à considérer le jeune homme comme son bras-droit à qui il pouvait confier toutes les tâches désagréables. Il lui avait d'ailleurs dit de ne plus le voir comme son patron, mais comme un ami. Ce que Dimitri avait encore du mal à faire, mais ça viendrait. You'll also like To be a Heartthrob in a Horror Movie(Myanmar Translation) by Kuro_Fuyu To be a Heartthrob in a Horror Movie(Myanmar... 223K 57.4K Original Author - Jiang Zhi Yu(姜之鱼) English Translator - Naeda / Kk translates [Zawgyi/Unicode] Holographicကြည့်ရှူသည့်နည်းပညာသည် ပရိသတ်များအား ရုပ်ရှင်ထဲဝင်ခွင့်ရပြီး က... 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L'appel s'interrompit alors qu'il rejoignait les pontons ombragés qui sillonnaient entre les épineux de l'hôtel Pineta. - Zut ! Il appuya sur la touche de rappel et porta le téléphone à son oreille. Une sonnerie, deux. Jessica décrocha et l'on sentait dans sa voix que pointait un léger agacement. - Ha, tout de même ! Altus ferma les yeux. Il ressentait, en entendant la voix de cette femme, des sentiments extrêmement contradictoires. Il était à la fois heureux, car il avait tissé avec elle des liens forts au cours des 14 derniers mois, et rempli d'une sorte d'amertume, car la dernière fois qu'il avait été en sa compagnie, c'était ce jour terrible. Il était très reconnaissant à la détective d'avoir été à ses côtés dans cette épreuve pour le soutenir, mais le fait étant qu'elle faisait par conséquent partie du souvenir, et de la grande tristesse que celui-ci lui inspirait. C'était pour cela qu'il avait pris quelques distances. Pas qu'il ait l'intention de s'éloigner définitivement d'elle, de la fuir ou de le rejeter, mais il avait besoin d'un peu de temps pour encaisser les conséquences de sa décision. Surtout qu'il l'avait prise aussi un peu pour et grâce à elle, il ne voulait donc pas précipiter sa convalescence émotionnelle et risquer de lui faire sentir une quelconque culpabilité. Ce ne serait pas juste pour elle. - Don ? T'es là ? - Oui, excuse-moi, je ne suis pas très réveillé ? mentit-il à moitié, s'étant effectivement levé seulement deux heures plus tôt d'une sieste mémorable. - D'accord. Et tu vas bien ? Je veux dire... La voix s'était radoucie, et on sentait dans son intonation une certaine compassion. Sans la laisser terminer, Altus répondit. - Oui, ça joue, je fais aller. Et toi ? - Personnellement, ça va. Le temps par contre. - Oui, j'ai vu à la télé. Heureusement, ici, nous sommes épargnés, il fait grand beau. - Où es-tu ? Le rouquin eu envie de répondre quelque chose comme « quelque part où j'espère t'emmener un jour », et ça aurait été sans doute sincère. Il se voyait parfaitement allongé sur un transat, admirant du coin de l'œil cette femme qu'il trouvait sublime prenant le soleil dans un bikini blanc (tout en sachant qu'elle ne se dénuderait jamais autant en public, à cause de la cicatrice). - A un endroit où je peux me ressourcer, déclara-t-il à la place, sachant qu'il était encore trop tôt au vu des circonstances pour laisser transparaitre ce genre de proposition. - Tu as bien de la chance. - Probablement. Il y eut un court silence, chacun ne sachant pas trop quoi dire sinon ces banalités sans saveur. Et pourtant dieu seul savait à quel point ils avaient envie de dire plus. Seulement, le moment n'était pas le mieux choisi. - Sinon, tu appelais pour ? interrogea Altus afin de rompre cet instant presque malaisant. - Eh bien, répondit Jessica d'un ton un peu plus sombre. C'est à propos de ce que tu sais. Amanda a donné signe. En entendant la manière dont son amante prononçait le nom de son ancienne agente de terrain, l'Irlandais su instinctivement que ce n'était pas du meilleur présage, et devina instinctivement que la suite ne serait pas plaisante à entendre. - Je vois... et donc ? - Je ne sais pas trop si c'est une bonne idée d'en parler au téléphone. Est-ce que tu penses pouvoir écourter tes vacances et venir au bureau rapidement ? Cette demande surpris quelque peu Altus, mais il décela dans l'intonation de la détective une sorte d'urgence. Il ressentait qu'il y avait quelque chose de grave qu'elle avait envie de lui dire, mais qu'elle n'osait annoncer autrement qu'en face-à-face. Pesant le pour et le contre, il soupira profondément en se passant une main sur le visage. - C'est vraiment si urgent ? risqua-t-il. - Je ne te le demanderais pas autrement, répondit très calmement Jessica. - D'accord, soupira-t-il encore en fermant les yeux. Je vais venir. - Merci. Dans combien de temps pourrais-tu être à Édimbourg ? - Le temps de tout régler ici et de faire affréter le jet... Disons dans un ou deux jours. Il l'entendit prendre une grande respiration sonore à l'autre bout du fil et comprit que sa réponse ne lui convenait pas tout à fait. Il la sentit hésiter un instant, puis elle lui parla d'un élément de la vidéo. Le plus notable. Celui qu'elle savait être un argument choc, puisqu'il l'avait elle-même ébranlée et avait bouleversé Gabriel. Altus en resta bouche bée, sous le choc. L'argument avait atteint son but. - Tu es sûre ? balbutia-t-il presque. - Hélas. - D'accord, alors je serai là demain soir au plus tard. Je ne peux pas faire beaucoup plus vite, j'en suis navré. - On fera avec. - Alors je te laisse, il faut que j'aille m'occuper des détails. - D'accord. A demain. - A demain. Il raccrocha sans lui laisser le temps d'en dire plus, encore sous le choc de ce qu'il venait d'entendre, regardant un instant l'écran de son téléphone d'un air hébété. Il avait un peu de mal à réaliser tout à fait ce qu'il venait d'apprendre. Il s'attendait à beaucoup de choses venant de Keshla, mais sûrement pas à ça. La surprise était totale. Une part de lui essayait de le persuader que ce ne pouvait tout de même pas être vrai, mais il savait que Jessica ne lui aurait pas menti sur quelque chose d'aussi grave. Après avoir glissé le téléphone dans sa poche, il s'appuya dos à un pin parasol et se plaqua les mains sur le visage. Fermant les paupières à s'en faire mal. Durant une seconde, il ne put s'empêcher de se refaire la réflexion qui lui avait plusieurs fois traversé l'esprit au cours des derniers mois. Si le jour où il avait voulu tuer Charles, dix ans plus tôt, il avait été au bout, peut-être n'en serait-il pas là aujourd'hui. Malheureusement, dans le cas présent, il n'était pas un meurtrier. Un entrepreneur parfois véreux, oui. Mais pas un assassin. Après avoir pris suffisamment de temps pour encaisser et se remettre, il se redressa, déterminé, et marcha en direction de l'hôtel. Il devait à présent aller annuler le reste du séjour, et demander à Dimitri – s'il n'était pas dans un état d'ébriété avancé ou en plein ébat avec une ou plusieurs femmes – de téléphoner à l'aéroport de Cagliari, où était garé le jet privé. En atteignant le hall, il prit la mesure des évènements et compris que les vacances étaient terminées. Et il ne savait pas quand il pourrait à nouveau jouir de cette sérénité.
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